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Techniques d'écriture thérapeutique : le dialogue (1/2)

Dernière mise à jour : 2 juin 2021

Et si écrire était un moyen de s'adresser à soi-même ?

Vous avez sans doute déjà fait couler vos mots dans votre journal intime pour libérer vos pensées bouillonnantes et en avez certainement ressenti les bienfaits.

Aujourd'hui, je vous propose d'aller un peu plus loin, avec une pratique d'écriture thérapeutique simple et puissante que j'utilise depuis des années : le dialogue.


Le dialogue : converser pour converger


J'ai envie de commencer cette série par le dialogue. Je peux vous dire que pour le pratiquer tous les jours, il a révolutionné ma vie intérieure. Oui, rien que ça !


Nous sommes parfois pris au piège dans la toile de nos multiples voix internes. Elles nous tiraillent dans tous les sens et nous font perdre l'équilibre.


Par son format, le dialogue facilite la conversation parce qu'il invite les différentes parties de nous à s'exprimer et à s'écouter.

Son but : dénouer les conflits, abaisser les tensions et trouver le point d'alliance entre nos divers mouvements intérieurs.

Il invite aussi à se "désidentifier" de la voix dominante afin d'équilibrer les forces en présence. Ainsi, nous avons accès à une vision élargie de nous-mêmes ce qui amène un équilibre bienfaisant et de nouvelles perspectives.


La conversation est un puissant outil pour désamorcer les conflits et trouver des réponses à nos questions. Et même si parfois aucune réponse précise n'émerge du dialogue, le simple fait de créer des ponts de communication entre nos différentes voix est, en soi, un réel soulagement. De temps à autre, il se peut même que le dénouement se produise quelques minutes après avoir terminé la conversation.


Je vous propose aujourd'hui d'essayer de mener un type de dialogue particulier : l'interview.


L'interview : un duo bienfaisant


S'interviewer soi-même, quelle drôle d'idée ! Et pourtant, c'est une interaction très efficace pour prendre du recul sur ses problématiques, mais aussi pour accéder à son intimité dans un climat apaisé.


L'interview consiste à se prendre pour une journaliste bienveillante et à interviewer la personne qui vit votre vie.

En préambule, je m'imagine toujours voir une journaliste arriver et faire sortir de moi la part à questionner. Je les positionne devant moi et je donne la parole à l'une puis à l'autre. Je me mets à leur écoute.


Il me faut parfois quelques minutes pour que chacune soit à sa place et que l'alchimie opère. Avec la pratique, cela se fait de plus en plus rapidement.


C'est assez étrange à vivre parce qu'il faut arriver à la fois, à incarner une posture neutre dans la peau de la journaliste et avoir un positionnement très centré sur ce qui se joue en nous pour répondre aux questions. C'est un mouvement de balancier à apprivoiser.


Je trouve que la distance induite par le rôle de la journaliste, grâce à sa neutralité et son détachement émotionnel, apporte un réel soulagement parce qu'elle réduit instantanément l'intensité de la problématique. (Dans le prochain dialogue que je vous proposerai, ce ne sera pas le cas).


En pratique : choisissez deux stylos de couleur différente pour chacune des protagonistes. Réfléchissez à la problématique que vous souhaitez aborder afin de canaliser vos questions. Plus elle est précise, plus elle aura de chance d'aboutir à la résolution du problème. Faites toujours débuter le dialogue par la journaliste et gardez en tête que cet échange ne sera jamais lu par personne donc donnez vous l'autorisation de tout dire. Pour vous aider, écrivez le plus vite possible afin de court-circuiter le mental. Enchaînez les questions-réponses jusqu'à ce que vous ressentiez une sensation corporelle de libération et de délivrance et/ou un éclairage mental fulgurant.


À noter : si vos dialogues vous paraissent artificiels, n'ayez crainte c'est le temps que le mental débranche ! Les premières interactions seront peut-être un peu fausses mais c'est juste le temps de vous prendre au jeu et que votre système soit en confiance avec l'exercice proposé pour s'y engager pleinement. Tout dialogue est réussi à partir du moment où vous avez l'impression que ce n'est pas votre "vous" habituel qui l'a écrit !


Exemple : je souhaite interviewer ma part créative sur sa dispersion permanente qui me fatigue et me décentre.

Journaliste : Bonjour Madame la Créative, comment allez-vous aujourd'hui ?

Part créative : ça va merci.

J : Alors quels sont vos projets du moment ?

P.C : Oh je fourmille de projets, je ne sais plus où donner de la tête . J'ai envie de faire tellement de choses !

J : Ah oui ? Arrivez-vous à vous y retrouver ?

P.C : Oui et non. ça dépend des moments. J'essaie de garder le cap en écrivant les choses à faire dans mon agenda, mais je dévie souvent parce que les choses plaisantes m'emmènent toujours en dehors de ce que je dois faire. Les tâches rébarbatives m'ennuient très vite et j'ai besoin d'être stimulée pour ne pas sombrer dans le désespoir...


Prenez toujours le temps de conclure votre dialogue afin d'honorer votre monde intérieur.


Vous voilà désormais prêtes à tenter l'expérience. Je vous souhaite une belle rencontre avec vous-même et si le cœur vous en dit, partagez en commentaire vos ressentis et découvertes grâce à cet exercice.


♥ Caroline ♥


Cet exercice est issu du formidable ouvrage d'Anne-Marie Jobin, Le nouveau journal créatif.